Radio réfugiés : une voix de l’intégration

25 oct. 2017

La station de radio « Good Morning Deutschland » a pour vocation d’informer et de réunir les personnes de cultures différentes, à l’aide de la musique et de la bonne humeur. En arabe, farsi, allemand et anglais, les présentateurs évoquent les préoccupations quotidiennes des réfugiés et la vie en Allemagne. Les présentatrices dans leur studio. La station de radio « Good Morning Deutschland » offre des informations pour et sur les Agrandir l'image (© Bernd Hartung)

Plus que quelques minutes jusqu’à l’émission. Autour d’une table, les présentatrices Ruba, Yara et Maysoon discutent du déroulement. Lorsque tout est réglé, elles s’installent à leurs micros, juste à côté. Le studio est séparé par un simple rideau. Silence. C’est l’heure de « Germany in Arabic », une des émissions à l’antenne de « Good Morning Deutschland », diffusée depuis Francfort-sur-le-Main. Au programme aujourd’hui : l’intégration.

Des interviews avec des invités font partie du programme. Aujourd’hui, Katrin Wenzel, collaboratrice à la mairie de Francfort, répond aux questions Agrandir l'image (© Bernd Hartung)

Différents points de vue

L’émission accueille trois invités : un historien, une représentante de la ville de Francfort et un jeune Syrien. Questionné sur les effets de l’arrivée des réfugiés en 2015, l’historien Erhard Brunn explique : « L’Allemagne s’est montrée très généreuse. Dans de grandes parties de la société, la volonté de s’investir est bien plus forte que prévu.»

« Que peut-on faire pour aider les réfugiés ? », demande Yara Abbass. « Faire un pas vers l’autre, les contacts personnels sont importants », répond Katrin Wenzel, collaboratrice de la cellule « Gestion des réfugiés » à la mairie de Francfort. Dans le studio, elle est assise sur un canapé à côté d’Erhard Brunn.

Apprendre à se comprendre

Et les réfugiés ? « Est-ce que tu t’es bien intégré, Saleem ? », demande Maysoon Abuzugheib au jeune Syrien. Pris de court par cette question très directe, il se met à rire. Puis, Saleem Barkeel raconte que pour lui, l’intégration signifie se comprendre les uns les autres. Il cherche à rencontrer des Allemands, et il a appris beaucoup de choses grâce à un couple de retraités qui l’a hébergé. Néanmoins, il constate que : « Je vis dans deux mondes. » Musique. La chanson « Eine Welt, eine Heimat » (Un monde, un chez-soi) semble tomber à point. L’ambiance est décontractée.

 
Notre objectif : informer

Servir d’intermédiaire entre les différents univers, voilà la vocation des trois présentatrices et de leur émission présentée en allemand et en arabe. « La politique et la religion sont des sujets difficiles, mais la musique et la culture permettent de rassembler les gens », affirme Ruba Alkudsi. Arrivée en Allemagne en 2012, cette professeur de langues syrienne connaît bien les problèmes des réfugiés, le fait de se sentir étranger. « L’objectif de notre émission est de fournir des informations pour et sur les réfugiés. » L’écho est largement positif.

Yara explique que tout ce qui pourrait être utile aux réfugiés est thématisé, toutes leurs expériences également. « Nous faisons des propositions pour résoudre des difficultés, mais nous parlons aussi des réussites et des projets exemplaires initiés par des réfugiés. »

L’intégration par la radio

Le studio est installé sur le campus de l’université de Francfort Agrandir l'image (© Bernd Hartung) Pour Ruba, le journalisme est une passion. Elle a d’abord été interviewée par la station avant de devenir elle-même présentatrice bénévole. Yara, quant à elle, suit un cours de langue sur le campus de l’université de Francfort, où est installé le studio vitré. Lorsqu’elle entend une émission en arabe à travers les haut-parleurs, elle veut en savoir plus et décide rapidement de rejoindre à ce projet. Les deux jeunes femmes sont motivées pour aider les autres. Voilà le plus important, disent-elles. Et bien sûr la bonne humeur dans le studio.

Contexte : lancé le 1er mai 2016, « Good Morning Deutschland » est d’abord un projet artistique de radio prévu pour une durée de six mois. Cependant, le succès est tel que l’initiative est bientôt prolongée. À Francfort-sur-le-Main, huit collaborateurs d’origines différentes y participent bénévolement. La station est financée par la « Maison ouverte des cultures ». Un deuxième studio est installé à Stuttgart.

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