Pour la jeunesse, avec la jeunesse

Des perspectives pour l’Afrique : voilà l’objet du sommet des Unions européenne (UE) et africaine (UA) auquel participe aujourd’hui la chancelière fédérale Angela Merkel. Notamment, l’avenir de la jeunesse africaine sera au cœur des discussions à Abidjan.

Le sommet UE-Afrique a pour objectif de renforcer les relations entre les deux continents et de fixer le cap de la coopération dans les années à venir. Comme l’indique le thème de l’événement, « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable », il sera question notamment des chances de formation et d’emploi pour les jeunes en Afrique. « Nous œuvrons pour améliorer les chances de formation dans les pays africains », a déclaré Angela Merkel dans son podcast en amont du sommet, expliquant que la tâche commune consiste à « donner partout des opportunités aux gens, aux jeunes gens ». Par ailleurs, la paix et la sécurité, les migrations et la mobilité seront également abordées lors des entretiens.

 

Créer des millions de nouveaux emplois

Des jeunes écolières en Afrique Agrandir l'image Des jeunes écolières en Afrique (© dpa/pa)

L’Afrique est jeune : 60 pour cent de sa population ont moins de 25 ans. Ces jeunes gens doivent pouvoir travailler et mener une vie digne. Selon les estimations du Fonds monétaire international, il faudrait créer 18 millions de nouveaux emplois par an pour garantir à toutes ces personnes un niveau de vie décent dans leur pays natal.

Pour y arriver, les pays africains doivent renforcer leur économie et ont besoin d’investissements étrangers. « C’est pourquoi, dans de nombreux entretiens avec des dirigeants africains, je dis clairement à mes interlocuteurs : prenez soin de vos jeunes ! Ils sont prêts à bouger, ils sont intelligents, ils ont soif d’apprendre. Et les responsables politiques doivent aussi agir au bénéfice de leur propre population », a poursuivi Angela Merkel dans son podcast.

 

  • Le cinquième sommet UE-Afrique est très important pour chacun des deux continents. Il réunit des représentants de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) et se déroule à Abidjan en Côte d’Ivoire. Installée à Addis-Abeba, l’UA représente tous les pays d’Afrique communément reconnus au niveau international, y compris le Sahara occidental, et s’engage pour la coopération de ses membres dans tous les domaines. Le sommet accueillera des hauts responsables de l’UE et de l’UA ainsi que les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de ces deux organisations. 55 dirigeants africains et 28 dirigeants européens ont confirmé leur participation. En outre, des représentants de plusieurs organisations internationales seront présents en tant qu’observateurs.

 

Lutter contre les causes des migrations

Les Unions européenne et africaine souhaitent investir en particulier dans l’avenir de la jeunesse africaine Agrandir l'image Les Unions européenne et africaine souhaitent investir en particulier dans l’avenir de la jeunesse africaine (© Gouvernement fédéral)

L’UE et ses membres sont les premiers contributeurs à la promotion du développement, de la stabilité et de la paix en Afrique. Avec le Plan d’investissement extérieur européen, l’UE a créé un instrument pour soutenir et encourager les investissements privés.

Le Fonds européen pour le développement durable est doté de 3,35 milliards d’euros, ce qui devrait permettre de mobiliser jusqu’à 44 milliards d’euros d’investissements. Ainsi, l’Union européenne fournit une contribution importante à la croissance et aux investissements en Afrique.

Pour la seule année 2015, les entreprises européennes ont investi quelque 32 milliards d’euros en Afrique, ce qui correspond environ à un tiers des investissements directs étrangers sur ce continent. Cette mobilisation financière est dans l’intérêt de tous les acteurs concernés, puisque la dynamisation de l’économie africaine est impérative pour créer des perspectives capables de motiver les jeunes Africains à rester dans leur pays d’origine. Les efforts entrepris visent à offrir aux jeunes gens la possibilité de suivre une formation, a expliqué Angela Merkel, ajoutant que « la lutte contre les causes des migrations, souvent évoquée, signifie naturellement que l’on apporte un soutien concret aux jeunes en Afrique ». Les gouvernements locaux, quant à eux, doivent aussi s’occuper de la jeunesse.

 

Une Afrique forte est dans l’intérêt de tous

Le sommet portera aussi sur des questions de paix et de sécurité, comme la stabilité dans les régions ou encore la gouvernance, notamment la démocratie, les droits de l’homme, les migrations et la mobilité. Les investissements et le commerce seront également à l’ordre du jour. En marge du sommet, Angela Merkel mènera de nombreux entretiens bilatéraux avec des partenaires africains.

  • « Compact with Africa », une initiative importante. Ce projet initié avec la contribution des pays du G20 propose de mettre en place des partenariats d’investissement (« compacts ») élaborés individuellement avec des pays africains, l’objectif étant de renforcer les investissements privés, indispensables pour un développement économique durable. Outre les pays africains eux-mêmes, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement y sont également associés.

L’Allemagne fournit de l’aide à l’auto-assistance

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Sigmar Gabriel est déjà arrivé à Abidjan, où il entend plaider pour que le soutien fourni par l’Union européenne dans la région du Sahel soit axé davantage sur l’aide à l’auto-assistance. « Nous devons permettre à ces pays d’empêcher les conflits avant même qu’ils n’apparaissent », atil déclaré. L’Allemagne souhaite faire progresser des initiatives grâce auxquelles les États concernés pourront assurer euxmêmes plus de sécurité.

Affaiblis par le terrorisme et les conflits tribaux, des pays comme le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger risquent de devenir des zones de repli pour les trafiquants d’êtres humains et les milices armées. Cette instabilité des pays du Sahel a des effets directs sur le continent européen.

L’Allemagne s’emploie depuis longtemps à stabiliser la région, notamment à travers le ministère fédéral des Affaires étrangères qui finance, par exemple, des mesures de formation de policiers ou des projets dédiés à la réconciliation des groupes ethniques rivaux.