l’Allemagne adopte la carte bleue européenne

  Jordanier mit Greencard arbeitet in Magdeburg Agrandir l'image (© picture-alliance / dpa)

Le Bundestag a approuvé vendredi 27 avril la mise en place en Allemagne de la carte bleue européenne. Ce dispositif assouplit les conditions d’entrée et de séjour des étrangers non européens hautement qualifiés. Il s’ajoute à d’autres réformes récentes (meilleure reconnaissance des diplômes et qualifications étrangères etc.) visant à remédier au manque de main-d’œuvre qualifiée dont souffrent les entreprises allemandes.

Facilité d’accès au marché du travail allemand

Cette carte bleue sera accessible aux personnes qualifiées issues de pays extérieurs à l’Union européenne (UE). Celles-ci devront disposer d’un contrat de travail leur assurant un revenu d’au moins 44 800 euros bruts par an (contre 66 000 euros auparavant). Le seuil est même réduit à 34 944 euros dans les professions « en tension » (mathématiciens, informaticiens, ingénieurs, médecins). Les entreprises n’auront, en outre, plus besoin du feu vert de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA) pour pouvoir recruter.

Au bout de trois ans, la carte bleue permettra à ses détenteurs (toujours sous contrat de travail) d’obtenir une autorisation d’établissement, c’est-à-dire un droit de séjour permanent. Le délai est même ramené à deux ans s’ils justifient d’une bonne connaissance de la langue allemande.

Enfin, la loi facilite la recherche d’emploi des étrangers extra-européens sur le sol allemand. Elle instaure à leur intention un visa de recherche d’emploi d’une durée de six mois. De plus, elle assouplit les règles imposées aux étudiants. Les détenteurs d’un diplôme allemand se voient accorder dix-huit mois, au lieu d’un an, pour trouver un emploi outre-Rhin.

L’immigration face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée

Transposition d’une directive européenne de 2009, la nouvelle loi requiert encore l’approbation du Bundesrat. Outre-Rhin, le recours à l’immigration de travail, accompagné de mesures d’intégration, est accueilli comme une solution.  Elle répond à un problème de plus en plus aigu et dommageable pour l’économie allemande : la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Une pénurie que l’évolution démographique devrait aggraver au cours des années à venir.

« Face au bouleversement démographique, l’avenir de notre pays réside dans la diversité », souligne ainsi Maria Böhmer, ministre déléguée à l’intégration. Les entreprises doivent utiliser la nouvelle loi et mener une politique de recrutement active, renchérit Hans-Peter Friedrich, ministre de l’Intérieur.

Culture de l’accueil 

Mais est-ce suffisant pour attirer en Allemagne les cerveaux qui feront naître l’innovation de demain ? Certains redoutent que non. Le Conseil pour l’intégration du gouvernement fédéral plaide ainsi pour un « changement de paradigme » et une plus grande ouverture des mentalités. « Nous avons besoin d’une plus grande ouverture de la société. Nous devons montrer notre cœur plutôt qu’un visage fermé », estime Heinrich Alt, membre du directoire de la BA et du Conseil pour l’intégration. À ses yeux, il convient de « sortir de la culture absurde de l’arrêt de l’immigration pour aller vers une invitation à venir en Allemagne ». Et cela nécessite « un message de bienvenue et une culture fondée sur l’acceptation ».