La Tunisie: Un partenariat étroit et des projets concrets

Conférence de presse conjointe de Frank-Walter Steinmeier et Khemaies Jhinaoui à Berlin le 19.01.2016 Agrandir l'image Conférence de presse conjointe de Frank-Walter Steinmeier et Khemaies Jhinaoui à Berlin le 19.01.2016 (© AA)

Le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a reçu, mardi 19 janvier, son nouvel homologue tunisien Khemaies Jhinaoui pour un entretien à Berlin. Les sujets principaux étaient le renfort des relations bilatérales entre les deux pays, les efforts dans la lutte contre le terrorisme, la situation en Libye et le sujet de la migration.

Quelques jours après sa prestation de serment, le ministre des Affaires étrangères tunisien Jhinaoui s’est rendu à Berlin pour sa visite à l’étranger ; une nouvelle preuve de la qualité des relations germano-tunisiennes, l’affirmaient unanimement Steinmeier et Jhinaoui. Steinmeier a souligné que la nouvelle Tunisie avait pris, il y’a cinq ans, un parcours « aussi bien courageux que difficile » pour la transition démocratique, et qui constitue toujours un exemple à suivre pour toute la région. L’Allemagne est fermement aux côtés de la Tunisie pendant son parcours vers la démocratie.

Aide à  la sécurisation des frontières

Cela inclut l’assistance aux pays riverains du Sud de la Méditerranée dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. La Tunisie a dû vivre en 2015 des attentats sanglants. Steinmeier a renouvelé sa conviction que le terrorisme ne connait ni religion ni frontières : « Il nous menace tous ». C’est pour cette raison que le gouvernement allemand soutient les forces de sécurité tunisiennes dans la sécurisation des frontières par des équipements techniques ainsi que par leur formation. Steinmeier a assuré que l’Allemagne continuera à fournir dans les prochaines années  les moyens financiers nécessaires.

Une collaboration plus étroite au niveau de la formation

Un autre aspect consiste dans la base économique de la transition en Tunisie. Le pays doit offrir à sa population très jeune des perspectives de développement. À part la collaboration avec l’UE, l’Allemagne soutient la formation des jeunes Tunisiens et Tunisiennes ­­–un sujet important qui a été également évoqué pendant les deux dernières visites du  ministre des Affaires étrangères allemand dans le pays. Il faudrait renforcer la collaboration dans la formation universitaire, avait souligné Steinmeier : Apres avoir pris les décisions nécessaires par les deux parties concernant  l’établissement d’une université germano-tunisienne,  il s’agit désormais de créer les conditions opérationnelles. Quant à la formation technique et professionnelle, la Tunisie bénéficiera dans ce domaine aussi du soutien allemand: Le ministre des Affaires étrangères a annoncé à ce sujet  la visite des experts allemands en Tunisie.

Il nous faut une approche pragmatique en matière de rapatriement

En matière de migration, les deux ministres des Affaires étrangères ont souligné leur intérêt commun afin de mettre le fléau des filières de passeurs sous contrôle. Steinmeier et Jhinaoui ont concrètement discuté le rapatriement des réfugiés tunisiens, qui n’auraient aucune chance de recevoir l’asile en Allemagne.  Le ministre des Affaires étrangères tunisien a reconnu l'obligation de son pays, conformément au droit international public, de reprendre ses ressortissants, a expliqué Steinmeier devant la presse. En outre, la partie tunisienne avait manifesté sa disposition à réfléchir sur « une action pragmatique commune » concernant la disposition au retour :   Bientôt une délégation du ministère des Affaires étrangère se rendra en Tunisie pour des entretiens.

Libye : Un nouveau pas sur un long chemin

Vu la situation en Libye, un voisin direct de la Tunisie avec une très longue frontière commune, Steinmeier a salué l’accord sur les ministres du nouveau gouvernement d’unité nationale : « C’est un nouveau pas sur un long chemin. Maintenant, nous devons espérer, et nous nous engageons avec toutes nos possibilités pour que ce gouvernement soit approuvé par le parlement » Si l'on y parvenait, les conditions seraient créées permettant au gouvernement d’unité nationale d’entamer ses travaux réellement sur le sol libyen.

Pour lire l'article en langue arabe, cliquez ici: